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Ouverture à La tour jaune

L’an dernier, pendant le probatoire du guide, nous avions grimpé la voie de « la Tour jaune » au pilier Sud de l’aiguille d’Argentière. J’avais trouvé le rocher extraordinaire. Je trouvais surprenant que sur cette parois, rien n’avait été grimpé mis à part cette voie ouverte en 1968. J’avais donc hâte d’y retourner au plus vite.
Le 18 juillet, je suis parti avec Eric Jamet Gendarme Adjoint Volontaire au PGHM et Cédric Lachat, le meilleur grimpeur Suisse, afin d’ouvrir une nouvelle ligne et de poursuivre sur un second pilier encore vierge qui sort au sommet de l’aiguille d’Argentière.

Nous partons des Grands-Montets en direction de cette fameuse Tour jaune. Au pied du couloir en Y, nous nous accordons sur la ligne à ouvrir, nous optons pour les dièdres évidents au centre de la paroi. L’objectif aujourd’hui est d’atteindre le sommet de la tour jaune, d’y trouver un emplacement pour dormir afin de poursuivre dans la seconde tour le lendemain.

Vers 13h, Eric attaque la première longueur en 5+, pas évidente avec la neige dans le dièdre! Il poursuit dans la seconde longueur, un immense dièdre de 55m parcouru de rails de fissures démentes.

 

2ème longueur

 

Je prends les devant pour la troisième longueur en 6b qui se termine dans un dièdre hallucinant! En effet, la longueur suivante est parfaite, verroux excellent sur un rocher de rêve. Je sors sur l’arête sommitale et rejoins l’unique voie de la Tour jaune. Vers 18h, Cédric sort enfin avec les sacs, sa mission aujourd’hui était de hisser tout notre matos… Mais comme il est spéléo, ce n’est qu’une formalité pour lui!

Le soir venu, on se cache rapidement dans nos duvets tout en espérant qu’une rafale de vent ne nous fasse pas basculer dans le vide… La nuit sera donc très mauvaise, seul Cédric arrivera un peu à ronfler, et fort, parce que la tempête l’était aussi!

 

 

Difficile de sortir du duvet!

 

 

Au réveil, le vent et le froid sont terribles, impossible de grimper. La seconde tour restera vierge.

 

 

 

 

La seconde tour derrière moi restera vierge

 

 

La descente sera usante, le vent envoie la corde partout, sauf vers le bas… un morceau est resté la haut d’ailleurs… Heureusement les relais son hyper béton, ça fait un stress de moins.

Une fois sur le glacier, il ne nous reste plus qu’à filer vers la vallée.
Pour notre première ouverture, je pense que l’on a ouvert une voie magnifique, rien n’est à jeter, le rocher est super bon et agréable.
On l’appelera « élévation ».

 

 

Le topo de La tour jaune

 

 

 

 

Fabien DUGIT

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