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Brown-Patey au Nant blanc…

La météo annonce une semaine excellente, alors avec Eric on ne pouvait pas laisser passer ça. Lors de la fête des guides on imagine des enchaînements de malade. A la fin de la soirée on serait parti pour faire toutes les grandes faces des Alpes en 2 jours.
Le lendemain retour à la réalité, on aimerait grimper le Nant-blanc et peut être enchaîner sur la Walker au Jorasses.
On voulait faire la Gabarrou-Silvy, mais le parcours semble exposé aux chutes de pierres et avec cette canicule c’est pas terrible. La Brown-Patey étant moins exposée, nous partons pour cette voie.

La première journée est tranquille, nous avons juste à grimper le socle rocheux facile. Nous partons vers 9h des Grands-Montets, à 15h nous sommes au bivouac. Cela nous laisse du temps pour bronzer et regarder un peu la face. Les conditions ne sont pas optimales, mais ça doit passer quand même…

Après une nuit plutôt fraiche on décolle à 6h. On débute par la petite calotte, puis s’en suit une longue pente de glace bien monotone. La glace est hyper cassante, on s’en prend plein la tronche!

Arrivés au pied de la goulotte Marsigny-Mohr on commence à se poser des questions. Rien ne correspond au topo. Pas de « flèche de rocher enchâssée » ni de « fissure cheminée » ça doit être par manque de glace ; logique!
Eric attaque donc une première longueur. Un peu de dry et ensuite 3 bombés de glace déments.

J’enchaîne sur une longueur en plaquage fin en zig-zagant puis fais relais au pied d’un dièdre qui me parait bien raide. A ce moment là, on se rend bien compte qu’on s’est planté! Pourtant la photo du « neige, glace et mixte » indique bien ici, bizarre…
De toute façon, maintenant qu’on y est, autant continuer.

Eric part dans la longueur suivante, rapidement je me rends compte que ce n’est pas une balade de santé,il force un bon coup et se rétablit sur une pente de glace.

Quand j’y vais en moule je comprends rapidement, une fine bande de glace qui disparait sur la fin. Les friends sont plus la pour la déco que pour l’assurage! Mais les mouvs sont déments, une fois une rampe en rocher atteinte, crochet talon et bourrinage sur une inverse pour reprendre la glace, Yeahhhh!
On s’accorde pour dire que ce n’était pas si évident que ça, mais mythique.

Bon, maintenant c’est à mon tour pour la suivante, le problème c’est que ça semble pire. Mais je passe par une boite à lettre et repère une belle fissure juste derrière. J’enlève piolets et crampons et part dedans. Ca passe assez facilement, 6a max.

Ensuite nous rejoignons l’arête de la Sans Nom par des terrains faciles.

L’arête est vraiment belle, mais plus ardue que prévu. A 17h nous sommes sur la calotte de la Verte.

Nous redescendons par l’arête du Moine et constatons avec dépit que la Walker n’est toujours pas en condition. Quel malheur, on va être obligé de redescendre dans la vallée plus tôt que prévu!

Bien content d’être rentrés après cette belle aventure, on nous expliquera qu’on s’est complètement planté d’itinéraire. Pourtant le topo indiquait bien notre itinéraire, au moins au début…
On a peut être ouvert une nouvelle ligne…

Fabien DUGIT

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