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Des gelures qui n’en sont pas…

Des gelures qui n’en sont pas…… Le mercredi 18 mars 2015 en fin de journée alors que la nuit est tombée le PGHM reçoit une demande de secours émanant d’une cordée d’alpinistes se trouvant à la sortie du couloir Lagarde, 100 mètres sous le sommet des Droites. A l’issue de deux échanges téléphoniques il apparaît que la cordée n’est pas blessée, juste fatiguée. Le PGHM explique au requérant que leur état de santé ne justifie pas l’engagement d’une équipe héliportée, de surcroît de nuit et les invite à poursuivre leur progression en direction du sommet. Il leur est proposé de faire le point avant d’entamer la descente sur le glacier de Talèfre. Une heure trente après la première demande de secours, la cordée rappelle le PGHM. Cette dernière n’a pas progressé d’un mètre. L’alpiniste au téléphone invoque souffrir de gelures aux pieds et aux mains. A l’issue d’une régulation médicale, il est décidé d’engager l’opération de secours. Les deux alpinistes sont extraits de la face nord des Droites et évacués aux urgences du centre hospitalier de Sallanches qu’ils quitteront dans l’heure.

Treuillage de nuit

– Vers minuit à leur sortie de l’hôpital, la cordée rappelle le PGHM afin de récupérer son matériel resté à la DZ des Bois. C’est au cours de cet échange qu’il est constaté que l’alpiniste ayant invoqué souffrir de gelures ne présente aucune pathologie et reconnaît avoir menti dans le but d’être évacué. La cordée ne parait d’ailleurs guère fatiguée. Les deux alpinistes sont convoqués au PGHM le lendemain matin, afin d’être entendus sur les faits. Le magistrat de permanence au Parquet de Bonneville est informé de la situation, notamment que l’infraction pour « Divulgation de fausses informations dans le but de déclencher l’intervention des secours » est susceptible d’être relevée à l’encontre de l’alpiniste à l’origine de l’alerte. Le Parquet de Bonneville décidera à l’issue des auditions de poursuivre l’alpiniste mis en cause en lui délivrant une convocation pour une présentation devant le tribunal correctionnel de Bonneville.

– Contrairement à ce qui a pu être diffusé, aucune plainte n’a été déposée par le PGHM. Le secouriste (officier de police judiciaire), engagé sur l’extraction de la cordée a simplement constaté l’infraction commise en rassemblant ses éléments constitutifs. Secours de nuit: Une demande de secours n’est pas une sollicitation anodine, surtout si elle est formulée de nuit. Les conditions d’interventions de nuit sont, tant pour les équipages des hélicoptères que pour les secouristes, plus délicates que celles effectuées de jour. Pour cela elles sont réalisées, si les conditions le permettent, que lorsqu’un risque vital pour le requérant est identifié.

Les décisions d’engagements des équipes de secours qu’elles soient terrestres ou héliportées, répondent à la combinaison de protocoles d’emplois et de raisonnements tactiques et techniques destinés à garantir : la réussite de l’opération de secours, tout en restant garant de l’utilisation des moyens et en préservant la sécurité des personnels.

Par exemple : de nuit, une cordée simplement en retard, fatiguée ou bloquée techniquement est invitée à poursuivre sa progression ou à effectuer un bivouac. La récupération sera donc envisagée au lever du jour si la poursuite de la course s’avère impossible. L’engagement dans des courses d’ envergure nécessite, s’il était besoin de le rappeler, de posséder un fond de sac afin de parer à ce type de situation.

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